ComicsDiscovery [Dossier] : The Sandman

Ok ok, à la base, cela devait être une review. Mais une chose en entrainant une autre et à l’image de cet univers gigantesque, je me suis retrouvé avec beaucoup…beaucoup… Disons donc un dossier, mais surtout un hommage, un coup de cœur, voire même une lettre d’amour à cet univers découvert il y a 20 ans maintenant …mes excuses par avance pour sa longueur.

C’était donc la 2ème moitié des années 90, post adolescence, la période où vos sens s’ouvrent à de nouveaux mondes de culture. Au cinéma, le duo Tarantino/Rodriguez enchainaient les claques en termes de réal’ punchy et de storytelling, côté animes, Akira, Ghost in the Shell, Appleseed m’ont vite fait oublier les fadaises du Club Do’ et en comics, feu la maison d’édition du Téméraire m’a ouvert les portes à l’après super-héros : Preacher, Transmetropolitan et…. The Sandman de Neil Gaiman. Le plus grand moment de lecture encore aujourd’hui qui me propulsa sur un autre monde, le Vertigoverse! Une vraie histoire d’amour, je vous avais prévenu, qui commence comme toutes les histoires :

Il était une fois…

…un jeune auteur de comics qui se fit appeler de Northampton, Angleterre, au chevet d’une série DC Comics moribonde. Nous sommes en 1983, cette série est Swamp Thing et ce jeune auteur est Alan Moore. Ce dernier réussit au-delà des espérances de ces éditeurs en livrant une œuvre horrifique de premier ordre. Mieux que cela, Moore, involontairement, ouvrit la marche à bien plus. Alors en retard sur le rival Marvel Comics, DC vit là l’opportunité d’ouvrir son catalogue dans la course aux ventes.

L’éditeur se mit en quête de nouveaux talents, en dehors du cadre. A ce jeu, l’éditrice Karen Berger, une très grande dame de ce médium, fit des merveilles. De nombreux titres furent lancés entre les années 80 et 90, une époque où certains auteurs sentirent l’odeur excitante du changement dans l’air. Finalement, autour d’elle se trouvèrent ainsi des œuvres atypiques que DC décida d’unir sous un même label, le culte Vertigo Comics.

La perfide Albion

Berger a eu du nez et la liste est aujourd’hui impressionnante : Frank Miller (Batman : The Dark Knight), James O’Barr (The Crow), Peter Miligan (Shade The Changing Man), Grant Morisson (Animal Man), Jamie Delano (Hellblazer) bientôt suivi par d’autres, Garth Ennis, Warren Ellis… la fameuse « British Invasion » qui secoua les vieux comics de l’Oncle Sam.

La première vague vit également arriver un jeune homme aux cheveux hirsutes déniché par Berger dans une convention anglaise. Rapatrié aux USA, Neil Gaiman prends dans ses bagages un artiste avec qui il forgea un lien professionnel profond égalé uniquement par leur réelle amitié, :  Dave Mc Kean. Après Violent Cases en Angleterre, les deux comparses se retrouvent donc aux USA sur Black Orchid, personnage secondaire de l’écurie DC Comics . Hélas, les retards s’accumulent et Berger se souvint alors que Gaiman lui avait parlé de son intérêt pour un autre personnage, tout aussi obscur : The Sandman.

Les origines

Ce dernier a connu bien des incarnations depuis sa création en 1939, notamment sous la plume et les crayons des papas de Captain America, Joe Simon et Jack Kirby. The Sandman est alors un « vigilante », cousin de Batman, qui déjà passe à travers les rêves. Neil Gaiman, qui avait en tête le concept depuis longtemps, accepte de le réécrire et l’adapte complètement. Le premier numéro sort en janvier 1989 avec un pitch radicalement différent. Exit le simple redresseur de torts nocturnes, ici The Sandman, ou Dream, est une entité qui incarne physiquement le concept des rêves.

Dave McKean est hélas sur le titre Arkham Asylum et Gaiman doit suivre les choix de l’éditrice Karen Berger concernant la partie dessin. Néanmoins, le succès est immédiat et retentissant, notamment à partir du numéro 5. Lesventes continuèrent de progresser, dépassant même les mastodontes Batman et Superman mis à mal par l’explosion de la bulle spéculative à la fin des années 90. Un tel plébiscite fera penser à plusieurs observateurs qu’il s’agit là du début de l’explosion des graphics novels, ces comics pour adultes, estampillés « mature reader » avec une narration éloignée des mensuels classiques de super héros.

La mort lui va si bien

Et le 8ème numéro devient déjà un tournant important de l’œuvre avec l’apparition de la grande sœur de Dream. Entre donc la délicieuse Death, incarnation de la Mort mais une mort que Gaiman aimerait rencontrer. Ce dernier tablait sur ces 8 numéros avant de recevoir le fameux coup de fil annonçant l’échec commercial de sa série, un classique à l’époque. Mais les ventes ne cessaient de grimper. L’auteur acquiert un contrôle plus important sur sa création et le titre prend alors une autre dimension. Il s’installe dans la durée et rejoindra naturellement le label Vertigo au numéro 47. Gaiman y côtoie de nombreux artistes tout au long des 75 numéros, prouvant une capacité d’adaptation et de collaboration hors norme. Il a su s’entourer, son mentor Alan Moore pour les premiers pas et la présence en continue de son ami Dave McKean pour les splendides couvertures de son œuvre.

L’ami Dave

Ce dernier est sur le bateau depuis le départ, la seule et unique touche visuelle constante durant l’intégralité du voyage. Désireux de représenter l’étrangeté du comics, McKean n’hésita pas à s’éloigner de la sempiternelle et ennuyeuse couverture montrant une bagarre. L’artiste la pense comme une fenêtre vers le monde imaginaire de l’ami Neil. Iluse de toutes les techniques possibles et inimaginables, peinture, collage, dessins, photos…Il deviendra indissociable de Dream et sa famille et ce lien peut se résumer en une anecdote : la couverture du numéro 67, qui montre plusieurs objets, a été réalisée en aveugle, sans rien savoir de l’histoire. Or, Gaiman en utilisa la plupart dans ce même numéro sans avoir vu la couverture. La complicité entre deux amis au service d’une œuvre qui semble prendre vie.

Neil Gaiman a longtemps gardé secret qu’une fin était prévue, même s’il commença à lâcher des indices vers le trentième numéro. Il savait que dans ce business, si un auteur part un autre le remplace et il l’avait accepté… tout en affirmant à chaque interview que si DC comics arrêtait The Sandman après son départ, il continuerait volontiers à travailler pour eux. Le message fut entendu et Karen Berger elle-même lui confirma qu’ils ne pourraient pas continuer l’aventure sans lui. The Sandman marque alors l’histoire des comics, le titre le plus vendu et le plus connu de l’éditeur s’arrête car son auteur a fini de raconter son histoire.

L’univers

Neil Gaiman a toujours été attiré par la mythologie, les histoires et ses œuvres en attestent. De Good Omens/De bons présages (une autre collab avec le génial Terry Pratchett) au récent Norse Mythologie en passant bien sûr par American Gods, il manquait peut-être une chose : créer sa propre mythologie avec ses propres histoires.

Et voilà…

The Sandman est une dramatique histoire de famille. En son centre, Dream, incarnation des rêves et cauchemars, Seigneur des Histoires et Maître du Dreaming, l’espace de l’onirique où se retrouvent tous les êtres vivants au moment du sommeil. Le concept est riche, protéiforme et diablement excitant. Au-delà des rêves nocturnes, Dream a un vaste domaine, soupirs, songes, cauchemars, folie, fantasmes, les plus bienveillants aux plus innommables…Heureusement, Gaiman entame son récit par la manière douce, par une porte d’entrée facile : les Hommes. L’un d’eux, dans son délire mégalomaniaque, parvient à capturer Dream pour y voler son pouvoir.

Attention au départ

Par petites touches donc, l’auteur nous fait entrer dans cet univers. Il dévoile une entité, à la fois divine, fragile, mystérieuse mais pas si éloignée de notre marchand de sable. Qui est-il ? l’auteur semble le déifier. Le temps n’a pas de prise, son pouvoir sur nous est incommensurable et Gaiman ajoute des effets de style puissant dans sa manière de l’écrire qui culmine par un lettrage très particulier. Est-il bon ? mauvais ? un héros ? un humain ? la réponse est plus complexe et c’est l’un des moteurs du récit. Dream, incarnation de nos rêves, tout puissant dans son domaine, éternel et aussi vieux que le Premier songe mais à la fois dramatiquement … humain.

Capable de bonté sans bornes, d’empathie, de pardon mais aussi de vengeance froide, de violence.On le voit condamner une mortelle à l’Enfer sans fin pour s’être refusée à lui, ou de priver un enfant né dans le Dreaming à sa propre mère. Sa cruauté fait froid dans le dos tout autant que son immaturité amoureuse le rends parfois piteusement pathétique. Et puis… il y a sa famille, les Infinis…jamais facile une famille, surtout la sienne.

The Sandman est donc un monde d’entités éternelles, de gargouilles, de maisons des secrets et des mystères, de bibliothèques où se trouvent tous les romans seulement rêvés, de miroirs sur notre désespoir, de forteresse au cœur vivant, de livre où tout ce qui s’est passé, se passe et se passera est inscrit.. Un monde fantastique avec néanmoins des racines dans notre mythologie, nos légendes, nos croyances. Un monde où nous croisons Cain et Abel, Thor et Odin, Hécate et Bast, que cela soit dans le Dreaming, à New York, en Enfer ou dans une taverne à la Fin du Monde. Un délicieux sentiment d’un nouveau volet de notre monde qui s’ouvre devant nous, à la fois excitant, mystérieux et qui s’inscrit naturellement dans notre existence.

Des Hommes et des Dieux

Commencer The Sandman, c’est donc entamer un voyage vers un monde fantastique, immense, mais Gaiman n’oublie pas l’essentiel autour duquel gravitent ces Dieux et ces Infinis : nous. Nous qui rêvons, qui désirons, qui désespérons, qui mourront, comme tous les êtres vivants de la galaxie. Les pages de The Sandman sont ainsi parcourues par de simples mortels qui rejoignent l’espace d’un moment ce voyage. Et ils sont nombreux, un auteur prêt à tout avec sa muse, une vétérane solitaire et dépressive, une jeune fille toute simple qui hérite du pouvoir de détruire le Dreaming… Autant de « petites gens » auxquels s’identifier et qui humanisent le récit, ajoutant une touche de tristesse, d’amertume et de solitude devant l’immensité.

Ces êtres vivants semblent être tour à tour des poupées entre les mains de ces Dieux, des victimes ou des parenthèses vite oubliées. D’ailleurs, ce sont souvent les mis de côtés de nos sociétés qui se retrouvent à croiser le fantastique, les décalés, les asociaux, les « freaks » … comme si leurs situations extrêmes les rendaient plus réceptifs à d’autres mondes. Néanmoins, le ton n’est jamais négatif, déprimant ou pesant. Des amitiés se font, des liens se tissent ici ou là et au final, ces êtres divins ne sont pas aussi intouchables que cela.

Et après tout, même balancés sur cet échiquier infini, nos vies et nos rêves sont à nous. Gaiman pousse même la présence des immortels plus loin, n’hésitant pas à l’inscrire dans notre histoire. Comment croyez-vous que Shakespeare ait eu ce talent de conteur, et savez-vous le prix qu’il a eu à payer ? Comment un businessman ruiné a eu l’idée de s’autoproclamer 1er empereur des Etats Unis ? Et quelle influence ont eu les rêves de l’Empereur Augustus de Rome pour qu’il soit un si bon monarque ?

Si l’ambiance délicieusement mélancolique enrobe une bonne partie de l’œuvre, elle laisse la porte ouverte à d’autres émotions qui viennent se greffer ici ou là selon les histoires. De l’horreur viscérale avec le sociopathe John Dee et l’ignoble Corinthien, du fantastique pur avec la course des différents panthéons pour le clef des Enfers, de l’épique avec la terrible vengeance des Bienveillantes, du mystique lorsque de simples rêveurs accèdent profondément au Dreaming… mais parsemés ici et là, des moments de ce que les humains ont de meilleur, une famille qui se soude, des amis qui viennent en aide, des inconnus qui se racontent des histoires le temps d’un repas, des amants qui se retrouvent…

The Sandman est une histoire sur les histoires, celles qui nous arrivent, celles que l’on inventent, celles que l’on racontent, celles que l’on a entendu. Un univers vaste et riche où vont fleurir nos émotions dans des récits intenses et paradoxalement, bien humains. Si vaste que le lecteur risque de s’y noyer ? Oh non, car Gaiman est un maître conteur.

Le voyage

Préludes et Nocturnes sont donc les deux premières histoires qui nous permettent d’entrer dans le monde du Sandman, capturé sur Terre et privé de pouvoirs. L’ambiance est alors au mystère et à une horreur très british que ne renierait pas la Hammer ou la Amicus. Manoir lugubre, entité blafarde, cercle occulte et magie noire sont au programme, des points de repères connus pour se laisser porter par le récit et y entrer sans heurt.

La Maison de Poupée qui vient ensuite reste dans notre zone de confort, du moins parmi les mortels (et une belle brochette de serials killers). Il entame l’ouverture du récit au-delà du personnage, vers le reste de l’univers et même vers la suite du voyage. Le Corinthien, Lyta Hall (oui oui la fille Golden Age de Wonder Woman), Daniel, la jeune Rose Walker… autant de graines qui donneront les histoires de demain. Durant cet arc, le Sandman rectifie l’ordre des choses dans son Royaume que nous découvrons enfin.

Puis vint le temps du Domaine du Rêve, une pause dans le voyage, une parenthèse autour de quelques histoires qui s’éloignent certes du fil rouge mais tout en restant dans l’univers, apportant leurs pierres à l’édifice.  Un format anthologie donc que Gaiman utilisera à plusieurs reprises. L’opportunitéde livrer quelques pépites dont l’exceptionnel Un rêve de milles chat sur les songes de nos félins domestiques… qu’il est impossible de regarder du même œil ensuite…

Entre Lucifer…

Gaiman a su attirer de nombreux lecteurs au cours de ces premières pages, mais rien ne devait les préparer à l’arc suivant, La Saison des Brumes, véritable premier pilier épique de l’œuvre. Par petites touches intrigantes, l’auteur nous a déjà parlé de la famille de Dream, les mystérieux Infinis, sept entités incarnant des concepts primordiaux de la vie des mortels. Il nous a dévoilé la charmante Death (Mort) dès le numéro 8 et les jumeaux Desire (Désir) et Despair (Désespoir) dans La Maison des Poupées, le(a) premier(e) est joueur(-se) et ambigu(e), la deuxième plus mélancolique et solitaire.

La Saison des Brumes met en avant le reste de la fratrie autour de Destiny (Destin), possesseur du livre où tout ce qui était, est et sera, est inscrit, ainsi que la jeune Delirium (Delire), lunatique et décalée. Dream devra alors partir pour une quête qui peut signifier sa fin, vers pas moins que le régent de l’Enfer, Lucifer, à qui il a une requête à formuler… Gaiman pour le coup explose son univers, loin des turpitudes des rêveurs nocturnes et nous amène vers cette famille universelle, existant dans toutes les cultures et toutes les époques, puis vers une myriade de Dieux autour d’une diabolique machination. Nouveau style d’histoire pour ce voyage, le jeu des puissants, la lutte de pouvoirs millénaires entre ces entités divines, apportant une dimension grandiose au récit.

La Saison des Brumes marque ainsi l’ouverture majeure du monde de Sandman et déploie la superbe toile d’araignée de l’œuvre qui n’a cessé et ne cessera de se faire des échos à elle-même. Au cours de cet arc, Dream part donc en quête d’une ancienne amante qu’il a puni sévèrement, désireux de rattraper cette erreur. Non seulement cette dernière est déjà visible dans les toutes premières pages mais son histoire est racontée comme une légende dans le neuvième numéro.

Et l’ancien choix de Dream à son égard va le hanter et amorcer un changement qui ne sera que le début… voilà l’un des points culminant de l’exceptionnel travail de narration de Neil Gaiman, un long récit sur et autour de Dream et comment ses choix étrangement non divins vont le jeter vers sa destinée. Des arcs narratifs s’enchainant naturellement sans sentiments d’artificialité ou d’étapes, astucieusement entrecoupés de savoureuses histoires courtes jamais très loin du Dreaming.

Avec l’imagination comme seule limite

Je pourrais continuer à vous énumérer les histoires qui suivent mais cela serait encore une fois donner l’impression d’une lecture saccadée alors qu’elle glisse sous nos yeux. Après La Saison des Brumes, elles se lâchent d’autant plus. Jouons à être toi et sa quête dans un monde de dark fantasy aux côtés de l’attirante mais dangereuse Thessaly, des rencontres dans les coins légers du Dreaming, le drame lors du mariage d’Orphée qui aura de lourdes conséquences…des courtes, des longues, des intenses, des amusantes… et toujours entrelacées entre elles, Dream, ses frères et sœurs et quelques « élus » que le lecteur recroise à l’occasion, comme de vieux amis.

Au milieu de ces péripéties, le Maître des rêves évolue, ou semble évoluer car ces entités restent par nature difficiles à cerner. Peut-être sa proximité avec des mortels qui aiment, vivent, détestent jusqu’à plus soif l’impacte plus qu’il ne l’accepte lui-même. Ce qui déteint sur ses relations avec le reste de la famille, sa grande sœur aimante, la petite protectrice ou son frère/sœur un peu trop vicieux et joueur. Un tortueux fil rouge autour duquel gravite un univers qui s’étend au fil des pages, ce qui est véritable moteur de la lecture : un mystère constant sur ce qui se trame dans la page suivante, une découverte continue autour de cette tapisserie en expansion d’évènements, d’alliances, de trahisons, de personnages qui semblent eux aussi glisser vers un climax d’une ampleur sans précédent.

Ce dernier entame son approche lors de l’arc Au bout des Mondes dans une auberge à la croisée de bien des endroits où des étrangers attendent que la tempête passe en se contant légendes et aventures. Arrive ensuite le terrifiant Les Bienveillantes, lente montée vers un pinacle dramatique où de nombreux arcs narratifs convergent, récompensant le lecteur. C’est l’heure d’assumer les choix pour Dream, point crucial d’un parcours commencé dès les premières pages. Bien mal avisé je serais d’en parler plus, ni de l’épilogue qui suit, La Veillée, et qui clôt, à sa manière et avec beaucoup d’émotions, le plus merveilleux des voyages.

A moins que…

Les artistes

Certes l’aventure n’est pas facile à appréhender, il est demandé aux voyageurs de savoir y donner sa chance. Beaucoup ne s’y sont pas retrouvés et sont descendus en marche. Devant la densité et l’étrangeté de l’œuvre, ils sont difficilement à blâmer. Certes il est conseillé d’effectuer le voyage d’une traite, pour en apprécier toutes les saveurs, les circonvolutions et les détours, et ne pas être rebuté par des paysages et des images au style un peu « indé » parfois déconcertant.

En effet, beaucoup, beaucoup d’artistes se sont succédés autour de Gaiman pour nous présenter visuellement ce monde. Si les premiers ont été choisis arbitrairement par l’éditrice, les suivants le seront de manière plus concertée. De mon point de vue, je n’ai pas eu l’impression que la différence était marquante, Gaiman étant connu pour aimer les collaborations, pour s’y épanouir et les transformer en force. Très vite, il adapte sa narration à l’artiste en question et malgré le nombre de style différents, Sandman reste Sandman. Le monde est si vaste, si riche, qu’après tout il ne pourrait être confiné à un simple code visuel.

Citons-en quand même quelques-uns, Sam Kieth pour les tous premiers numéros qui y est pour beaucoup dans l’ambiance horreur à l’ancienne. Son style, son découpage et l’habillage de ces pages apportent ce qu’il faut d’étrangeté à ce récit occulte pour le rendre vicieusement intriguant, grotesque et onirique. Il est secondé par Mike Dringenberg au style moins rond et précis mais tout aussi perturbant et changeant. Ces deux-là se complètent plus que bien pour nous lancer dans l’aventure : c’est bizarre, étrange, déviant, mais curieusement intriguant et addictif, comme s’arrêter pour la première fois devant une ruelle sombre devant laquelle on passe pourtant tous les jours car quelque chose sans forme semble s’y mouvoir, entre danger et curiosité malsaine.

De tous jeunes Chris Bachalo et Mark Buckingham y font aussi un passage. Ainsi queKelley Jones dont le coup de crayons morose et mélancolique fera des merveilles sur le fameux Calliope et surtout sur La Saison des Brumes. Ses personnages immobiles tels des statues anciennes, nimbés d’ombres inquiétantes, acquièrent une intensité dramatique parfaite pour illustrer cette histoire de panthéons divins qui s’entrechoquent. Qui d’autres encore ? Michael Zulli, exubérant par son fouillis de détails, Shawn Mc Manus capable de montrer de chauds sentiments aussi bien qu’une violence glaciale, Bryan Talbot, Jill Thompson, Malcolm Jones III… impossible de les citer tous.

La patte Neil Gaiman

Malgré une lecture d’un trait, pas de sentiments de cassures, ou de passages qui font sortir de l’univers, Gaiman s’adapte. L’homogénéité de son œuvre est d’ailleurs époustouflante. Si vous vous sentez peut-être dépassé par ce mince aperçu présenté ici en quelques pages (et surtout par mon enthousiasme), pas de craintes. L’auteur utilise beaucoup de points d’accroche pour le lecteur, des personnages secondaires, témoins du mystérieux ou du grandiose, ballotés les uns et les autres au gré des histoires. D’ailleurs, le comics est une histoire sur les histoires et l’auteur n’hésite pas aussi à puiser dans des répertoires connus pour y greffer son univers.

Citons Jouons à être Toi où de simples habitants d’un HLM doivent s’unir dans une quête fantasy non loin de J.R.R. Tolkien, ses récits imprégnés de l’Histoire, en lien avec les grandes religions, les légendes ou tout simplement autour de cette famille d’Infinis aux pouvoirs incommensurables et, pourtant, aux comportements très humains entre eux. Autant d’artifices qui balisent une lecture paradoxalement systématiquement inattendue mais sans fausses notes. D’un côté, impossible d’anticiper la tournure des histoires qui défilent sous nos yeux, de l’autre, malgré l’exceptionnelle taille de l’univers de Sandman, le travail minutieux de Gaiman ne nous perds jamais.

Devant nos yeux défilent mortels, Dieux, présent, passé, ailleurs, créatures, entités, démons, monstres, vortex, sorciers, enfants, cauchemars… et pourtant, tout est cohérent. L’auteur réussit avec brio l’exercice diaboliquement difficile de rendre explicite, ou du moins compréhensible, des concepts mystiques, magiques, ésotériques, sans en perdre la saveur. Au final, le lecteur n’est même plus surpris d’un road trip de Dream et Delirium passant par une boîte de strip, de suivre Caïn, Abel et Eve racontant des histoires à un petit dormeur qui a trouvé leur maison, d’être le témoin du chagrin d’une Wyvern et d’un Pégase pleurant un ami ou encore d’être assis à côté d’un public de fées et diablotins à une pièce de Shakespeare

La qualité d’écriture de Gaiman ne s’arrête pas là. Il alterne souvent les style de narration ou de narrateurs et ses mots n’expliquent pas basiquement les cases mais les enrichissent. Ils ajoutent des notions, des sentiments, des informations sans alourdir la lecture, donnant à l’œuvre un niveau littéraire qui l’éloigne du simple comics vers le fameux et souhaité « roman graphique », vers une expérience de lecteur riche et intense.

La question

Maintenant, c’est l’heure de La question : est-ce qu’en tant que lecteur, je conseillerais The Sandman ? Certes, mon opinion est flamboyante comme vous avez pu le lire si vous avez tenu jusque-là (Bravo !). Mais cela reste un univers où il faut pouvoir se projeter, se laisser porter par le fantastique, passer outre un rythme, des histoires et des coups de crayons inhabituels. Malgré ça, oui, je le conseille sans détour pour une simple raison : si le lecteur qui se laisse emporter par Sandman ne reçoit qu’un dixième du plaisir que j’ai eu à le lire et le relire, alors ça vaut le coup de tenter l’aventure.

Car même si la première lecture date de plus de 15 ans, des images sont restées dans ma mémoire, le cauchemar sans fin d’Alex Burgess, l’affrontement entre Dream et le démon en Enfer, Death bien entendu, la magie de l’inquiétante Thessaly, la réunion des sérial killers du Corinthien, et bien sûr, l’affrontement final, épique et si chargé en émotion, si puissant… qu’il n’a pas été aisé de lire autre chose à la suite.

Nouvelle étape

La suite justement. Neil Gaiman n’a jamais fermé la porte pour revenir dans le monde qu’il avait créé. Alan Moore a essuyé les plâtres en termes de contrat à son arrivée et Gaiman ne fera pas la même erreur. Seul maître de son œuvre et propriétaire légal de ses créations, l’éditeur n’a pas osé faire sans lui.

Terminé en 1996 après 4000 pages de scripts, The Sandman a épuisé son auteur, mais l’a maintes fois récompensé (plus d’une dizaine de trophées dont 9 Eisner Awards et le Grand Prix D’Angoulême). Le britannique refuse dans un premier temps de revenir à un travail aussi important. Il retourne à la littérature et la télévision avec Babylon 5, Neverwhere et Coraline notamment, autant de projets qu’il n’a pas eu le temps de faire durant l’ère Sandman. Et il faudra attendre 2003 pour, enfin, ouvrir fébrilement un nouvel opus.

Endless Nights

Il s’agit de l’anthologie Nuits d’Infinis qui regroupe sept histoires, une par Infinis. Pas une suite directe donc mais un ajout à la mythologie. De ses propres dires, la motivation première de Gaiman a été de travailler avec certains artistes, une « simple » envie d’écrire et de collaborer.

Pèle mêle, P. Craig Russel avec qui il n’avait partagé qu’une histoire (« Ramadan »), Milo Manara et Bill SienKiewicz dont il admire le trait depuis toujours, Miguelanxo Prado rencontré simplement en convention mais qui l’a fasciné par son style, se promettant d’écrire pour lui un jour, Barron Storey un ami de Dave McKean, Glen Fabry que Gaiman a adoré sur Preacher et le très très bon Frank Quitely qui est quand même arrivé à époustoufler l’auteur.

L’œuvre était attendue, c’est peu dire, et comme toutes anthologies, il faut avouer que la qualité varie de l’un à l’autre. Gaiman, néanmoins, montre sa maîtrise sans failles de l’univers qu’il a créé. Ici pas de fil rouge, pas de grandes épopées, juste des histoires encore et encore… des classiques (Death, Desire), des plus extrêmes (Despair, Delirium), des intrigantes (Destiny, Destruction, l’ultime membre de la famille disparu depuis longtemps) et une grandiose qui vaut la lecture rien que pour elle sur Dream. Cette dernière est particulièrement marquante, immense, cosmique même, montrant une ébauche du niveau de narration que sera Ouverture quelques années plus tard.

L’inspiration toujours là

Gaiman pioche dans sa mythologie et récompense le lecteur attentif d’une myriade de détails qui rendent ce récit intégré, lié, vivant. Ainsi, le lecteur ébahit voit défiler sous ses yeux la première Despair, Delight avant qu’elle ne devienne Delirium, ainsi que des relations entre Infinis bien différentes. Pour finir, les actions lancées dans cette histoire auront des répercussions importantes, expliquant bien des choses sur la série principale et sur le personnage de Dream. Un vrai coup de génie accompagné par le magique Prado aux dessins, presque en peinture dans un style aquarelle aéré et éthéré parfait.

Certes Death et Desire sont plus classiques, mais le trait de Craig Russell pour le premier et surtout de Milo Manara (qui d’autres pour Desire ?) sur le deuxième enchante nos yeux. Si l’histoire est d’ampleur plus modeste, Gaiman ne fait pas de fausses notes sur l’utilisation de ces Infinis et nous rappelle que ces entités universelles et grandioses sont finalement liées intimement aux mortels. Despair et Delirium sont avant tout des expériences visuelles avec deux artistes très particuliers. Storey et Sienkiewicz en l’occurrence, dont les univers graphiques vont à merveille aux deux sœurs. Gaiman montre une fois de plus son habileté à écrire selon les artistes et à adapter sa narration. S’il y a bien un seul fil rouge dans toute l’œuvre, c’est bien celui-ci. Si les deux histoires demandent aux lecteurs de s’y plonger totalement, elles les récompensent lorsqu’ils entrevoient leur globalité.

L’ami Todd

C’est le moment de saluer le travail exceptionnel d’un autre artisan de Sandman, le lettreur Todd Klein, travailleur de l’ombre qui a œuvré sur l’ensemble de la série, capable de venir en soutien aux dessins et à la narration par des choix de polices, de couleurs, de spatialisation toujours parfait. L’artiste est un grand du medium où il a collaboré avec Alan Moore, Frank Miller, Grant Morrison, Bill Willingham au cours d’une carrière récompensée à de nombreuses reprises.

Destruction est un pied de nez assez formidable. Alors que très peu de choses sont connues sur le frère adoré de Delirium, Gaiman ne satisfait absolument pas notre curiosité avec ce numéro où il aurait été si facile de découvrir enfin cet Infini. Au final, nous avons une histoire dramatiquement simple, Gaiman ne cédant pas à un récit convenu, prouvant une fois encore que son univers est exceptionnel. D’ailleurs, à la suite des événements se passant dans le monde des rêves alors que Dream est capturé au début de la série principale, nous ne pouvons que nous interroger sur Destruction et l’impact de son absence. Et si donc cet opus ne satisfait pas totalement notre soif, il apporte sa pierre au mystérieux édifice que nous espérons tous revoir un jour.

Ce nouveau voyage se termine avec Destiny qui, à l’instar de Destruction donc, reste un des Infinis les plus insaisissables. Le récit qui lui est consacré fait honneur à cet état, son univers particulier mis « simplement » en image par le bluffant Frank Quitely qui montre un talent, notamment de cadrage, à peine entrevu dans ces travaux plus mainstream. Il a l’œil le père Neil.

Le coup de Maître

Le voyage aurait pu s’arrêter là. Gaiman a commencé par de l’horreur viscérale, glissant autour d’une famille éternelle et compliquée et des aventures oniriques qui poussèrent le lecteur vers un drame intime et immense en même temps. Mais Gaiman a encore une pierre à ajouter à l’édifice. 2013, DC comics annonce The Sandman : Ouverture, mini-série prequel avoué à la série mère, avec le magicien J.H. Williams III aux crayons. Difficile de faire plus excitant…

Neil Gaiman a toujours su comment Dream s’était retrouvé affaibli et victime au tout début du voyage. Ouverture le raconte et l’origine de cette mini-série est multiple. D’un côté, les 25 ans de The Sandman, de l’autre, toujours la simple envie de Neil Gaiman d’écrire. Et ce même si, de ses dires, il est terrifié par la pression et l’attente. D’autant que les fans de son œuvre sont légions, certains n’étant même pas nés lors de la parution du premier numéro.

Plaisir des yeux

Mais les premiers retours de J.H. Williams III le sidère. Il s’est familiarisé avec son travail en lisant l’ésotérique Promethea d’Alan Moore. Qui de mieux qu’un artiste qui a ainsi pu se montrer à la hauteur des idées du génial Moore? D’autant que Williams III passe haut la main un petit piège tendu par Gaiman qui lui demande de dessiner un Dream des fleurs. Le résultat, présent dans les première pages d’Ouverture, est magique, exotique, étrange et pourtant chargé en émotions.

Cela ne sera qu’une des myriades de sources d’étonnement et de plaisir que nous procurera l’artiste tout au long de la série. Son style est riche et dense mais formidablement mis en image par des techniques de découpages et de cadrage. L’œil passe du temps sur chaque case pour en admirer chaque parcelle mais sans forcer, sans fatigue ou essoufflements. Pour cela, Williams III rivalise d’ingéniosité, proposant des trouvailles visuelles constamment, comme des découpages spécifiques (cases en forme de dents pour le Corinthien, de livre pour Destiny…). Il n’hésite pas à proposer des pages immenses, ou très découpées, des formes rondes ou droites, s’adaptant aux personnages, à l’action, à la temporalité même. Son travail a ainsi une place au moins aussi importante que les mots de Gaiman lors de la lecture. Un régal continuel, sans aucune baisse de qualité, jusqu’à la fin, remarquable.

Gaiman a toujours les clefs

Les mots de Gaiman, parlons-en quand même. Ouverture est un prequel à la série principale, avec une ambition toute autre, bien plus grande, bien plus cosmique, s’approchant d’entités de la Création, du grand Tout. L’auteur veut aller là où sa série ne s’est jamais aventurée. Dans de la science fiction épique, avec flotte interstellaire, planètes exotiques et aliens étranges. Et pourtant, Dream, personnage principal, est déjà très proche de ce qu’il deviendra dans la série par la suite. Tout commence par une erreur, une nouvelle, qu’il devra corriger sous peine de devenir la cause de la fin de toute vie dans la galaxie, rien de moins. Il se lance ainsi dans une quête vers l’endroit où vont les étoiles, et par-delà, vers son père, sa mère, et vers une épreuve comme il n’en a jamais connu et qui façonnera le personnage qu’il deviendra.

25 ans séparent donc Ouverture de The Sandman. Et pourtant, le style est identique, le ton est juste et l’histoire se fond avec une facilité déconcertante dans la mythologie mise en place dans la série mère. Ouverture lui même est une intense et dense aventure dont l’homogénéité reste remarquable au vue des 2 ans et demi qu’à demander sa création. Les références pointent çà et là, non pas pour de faciles easter eggs mais apportant un éclairage nouveau sur le comportement de Morpheus notamment, sa froideur lorsqu’il a dû se débarrasser du vortex dans La Maison de Poupée ou bien son émotion dans Jouons à être toi devant cette mystérieuse stèle. Des ajouts habiles, montrant si cela était encore nécessaire, la maîtrise de cet univers par son architecte.

L’auteur garde la même recette, des histoires, des histoires dans les histoires et les yeux du lecteur, toujours, qu’ils soient un simple dormeur, une fillette orpheline ou le Dream des chats… qui accompagnent ces entités dans leur danse. Ces dernières sont plus que présentes, les forces originelles derrière Tout. Pari risqué car un mauvais traitement pourrait faire perdre de sa puissance à l’histoire. Mais Neil Gaiman n’a plus 26 ans, c’est un maître conteur et le lecteur ne peut qu’être émerveillé par ce nouveau voyage, bien plus haut et bien plus épique que ce que nous avons pu vivre jusque-là.

Il pousse même ces propres concepts au-delà, brisant quelques-unes de ces propres règles à l’image de cet évènement qui n’apparaît pas dans le livre de Destiny, Dream qui plonge dans son propre rubis ou le rôle plus que jamais ambigu de Desire. Et Gaiman continue de surprendre, proposant encore et toujours des images qui s’incrustent dans la rétine, de cette assemblée extraordinaire de tous les Dream (une scène que Gaiman a toujours voulu écrire) à cette cité des Étoiles finissant par une mission désespérée et suicidaire à bords d’un bateau qui n’existe pas.

Et comme à son habitude, l’auteur habille son récit de grands thèmes, allégorie de la maladie qui ronge le corps ou la nécessité d’assumer ses responsabilités, de s’émanciper de l’ombre de ses parents… ou peut-être s’agit-il juste d’une nouvelle histoire du Prince des Histoires. Une nouvelle fois, je ne permettrais pas de dévoiler la fin de ce « préquel écrit comme une suite » selon l’auteur lui même. A sa lecture, je me range humblement de l’avis de Neil, Ouverture est lié en de nombreux points à la série principale et l’avoir lu en amont permet de l’apprécier grandement.

Le(s) mot(s) de la fin

Finir une review sur The Sandman, c’est remercier chaleureusement Neil Gaiman de nous avoir proposer ce voyage mais cela ne serait pas correct de ne pas penser à ces complices. Ces artistes déjà cités plus haut, et tous les autres, accompagnés notamment aux couleurs par Robbie Busch qui a lancé l’aventure, puis Steve Oliff, Jon J. Muth et surtout Daniel Vozzo qui accompagnera Dream jusqu’à la fin de son voyage. Chris Chukry et Lovern Kindzerski viendront épauler les grands noms sur Nuits d’Infinis et enfin, le très grand Dave Stewart qui lui aussi se surpasse et parvient à égaler les comparses Gaiman et Williams III sur Ouverture. Impossible d’oublier l’ami Dave Mc Kean dont le travail sur les couvertures sera le porte étendard de la série du début à la fin.

Pour finir, comment ne pas nommer à nouveau Karen Berger à l’origine de tout et l’autre grande dame de Vertigo, Shelly Bond, ainsi que Jenette Khan, présidente de DC comics du moment. Juste merci à vous tous.

The end ?

The Sandman la fin ? vraiment ? Neil Gaiman n’a jamais fermé la porte et gageons que Dream n’est jamais très loin de ses pensées. Des dires de l’auteur, nous pourrions voir poindre Dream aux 30ème, 35ème voir 50ème anniversaires si les étoiles s’alignent. En attendant que la petite lucarne nous gratifie d’une adaptation, le lecteur avide peut se tourner vers les nombreuses branches issues de l’arbre. Car si Gaiman a réussi à rester maître de The Sandman, l’univers est si riche et reconnu que les projets se sont vite multipliés. Death, Lucifer, The Dreaming, Witchcraft, Petrefax, Destiny… autant de lectures pour prolonger le plaisir.

A écouter, le ComicsDiscovery sur Sandman et l’excellente podcast d’Hommage collatéral sur Neil Gaiman

A suivre bientôt :

  • Autour de The Sandman : la famille, le domaine
  • Autour de The Sandman : l’univers étendu
  • The Sandman Universe : le retour de Dream

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