The Spider King

Vikings vs Aliens.... the hard way!

Il n’y a pas que Marvel ou DC dans la vie du lecteur de comics. Une myriade d’éditeurs américains, plus modestes certes, abreuvent le marché d’œuvres diverses et variées. Fondée il y a déjà 21 ans, la maison d’édition IDW publishing est parvenue à se faire une petite place au soleil. Titulaire de plusieurs récompenses notables, nous leur devons quelques utilisations de franchises ainsi que des succès critiques comme October Faction, Locke and Key ou V-Wars. En juillet 2018, après une campagne kickstarter réussie, IDW sort un récit rock and roll avec vikings et aliens : The Spider King. Et derrière ce concept, Josh Vann, jeune touche-à-tout australien au scénario. L’idée de base lui vient en 2013 et en cherchant la partie graphique, il tombe sur la page Devianart de l’italien Simone D’Armini. Les deux artistes se comprennent et ajoutent ensuite le frenchie nantais Adrian Bloch aux couleurs pour un comics décidément international.

The Spider King

Un titre monté donc par une jeune génération, loin des mastodontes US, d’autant que seul Chas Pangburn, l’éditeur-lettreur, est américain. Un mix d’artistes de provenances différentes, à l’image du comics qui mélange lui-même plusieurs genres. Cette hétérogénéité a été par ailleurs une force selon Josh Vann, alors que ce beau petit monde…ne s’est jamais rencontré en personne. Mieux, les éventuelles différences culturelles semblent servir cette œuvre paradoxalement très homogène. Un vrai comics 2.0 donc, symbole d’une époque où les nouvelles technologies ouvrent des possibilités artistiques intéressantes.

Le postulat de base sent bon la série B décomplexée. 965 après JC, et si des aliens envahissaient la Terre en commençant par la barbare Scandinavie ? Débarquant en pleine guerre des clans, d’étranges monstres bigarrés laissent à la portée des vikings leur technologie de pointe. La suite ne peut être qu’un bain de sang frénétique où se mêlent tripes, laser, métal, champignons et odes aux Dieux du Valhalla. Le cadre semble connu : un choc culturel, des situations décalées, des personnages déjà vu (le fils du roi pas à la hauteur, la princesse rebelle, le vieux guerrier, le méchant méchant…on se croirait dans un RPG) mais la sauce prend et trouve sa propre voix.

Et ceci, grâce d’une part à un autre mélange de genre, difficile mais réussi, le drama et le fun. Ces personnages apportent une once d’émotion dans le délire, suffisante pour les rendre vivants. Malgré ce concept foutraque et des situations burlesques, on s’y attache. Le dosage est bon, juste ce qu’il faut pour ne pas plomber le pur rythme furieux que leur impose Vann. L’histoire monte crescendo et prends des airs de gros délires sous adrénaline. Le délirant Rumble de John Arcudi vient alors à l’esprit, d’autant que ce dernier se trouve dans la liste des remerciements des auteurs. Le clash entre clans se transforme alors en guerre du futur, vikings avec bras mécanique laser, flèches atomiques, araignées de l’espace, zombis esclaves ultraviolents…

Let’s get ready to rumbbbble!!

Et ce joli petit chaos est mis en image par un trait très riche, trop parfois, mais qui participe à l’identité propre du comics. Là aussi, nous sommes proches de Rumble avec ces aliens aux formes variés et colorés, ces visages ultra expressifs et ces combats dantesques. Au titre des comparaisons, un soupçon du cartoon sous amphèt’ Samurai Jack de Genndy Tartakovsky, du délire atypique de James Stokoe sur Orc Stain et même une note de Mike « Hellboy » Mignola sur certains passages plus épiques.

A noter dans ce volume, en plus de cette histoire assez courte (4 numéros US), quelques bonus appréciables. Un petit préquel plutôt enfantin et inutile pour commencer, puis l’histoire originale qui convainquit l’éditeur heureusement beaucoup plus drôle, une galerie de couverture (dont une de David Rubin, dessinateur de… Rumble) et un sketchbook intéressant.

Une vraie petite série B donc et un bon moment de détente au final. Le comics n’a pas l’arrogance de vendre autre chose et je le termine, mine de rien, en me disant que je ne serais pas contre en lire un peu plus à l’occasion. Visiblement, je ne suis pas le seul car le one shot The Spider King : Frostbite, suite directe, est sorti fin 2018, toujours chez IDW. Des dires des auteurs, plus de vikings, plus d’aliens, plus d’armes !! Et encore d’autres histoires à venir, courtes ou des arcs plus longs. Ma foi, avoir de temps à autres sa petite dose de The Spider King n’a rien pour me déplaire. La prochaine fois, je penserais à y ajouter un petit fond sonore adéquat, peut être du Amon Amarth ou du Ensiferum, voir un petit Korpiklaani tiens.

Pour aller plus loin :

Le site officiel

La preview du #1 sur CBR (en anglais)

L’interview complète de l’équipe sur Empaya Comics (en anglais)

The Spider King en VF chez Glenat comics

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